Annie Genevard était ce matin l’invitée de Sud Radio où elle est revenue sur l’actualité de la semaine ⤵

Depuis mercredi, un vade-medecum de la laïcité est distribué à tous les enseignants de France par le ministère de l’Éducation nationale destiné à donner une référence commune à tous les établissements scolaires de France. Il aborde notamment le port des signes religieux, l’obligation d’assiduité malgré les fêtes religieuses, les cas des certificats médicaux de complaisance permettant à des élèves de ne pas suivre, pour des motifs religieux, une activité sportive…

Si « cette charte de la laïcité ne résoudra pas tous les problèmes », pour Annie Genevard, Secrétaire générale des Républicains et Vice-présidente de l’Assemblée nationale qui était ce jeudi matin l’invitée du Petit-déjeuner politique de Sud Radio, cette mesure est une « décision indispensable ».

« On voit bien que la laïcité est battue en brèche à l’école comme dans le reste de la société et qu’il convenait de réagir. On a laissé les choses aller trop loin. La situation est très grave. Dans des écoles, des enfants de confessions différentes ne peuvent pas être inscrits car leur sécurité n’est pas garantie. Si l’école n’est pas un lieu où l’on apprend le respect de l’autre alors c’est à désespérer de tout », lâche la députée “les Républicains” du Doubs.

Et à propos du respect de la laïcité, Annie Genevard a tenu à mettre un certain nombre de choses au point, que cela soit sur le voile à l’école comme sur la lutte contre le communautarisme.

Ainsi, la Secrétaire générale des Républicains a rappelé que, comme toute la famille des Républicains, elle était opposée au port du voile des mamans accompagnant les sorties scolaires. « Je pense que Najat Vallaud-Belkacem a créé un problème. La circulaire de Luc Chatel était parfaitement claire. Elle précisait que dans un cadre scolaire il ne pouvait y avoir de signe d’appartenance religieuse. Donc pas de mamans voilées. Najat Vallaud-Belkacem, en acceptant la présence de mères voilées lors de sorties scolaires, a très idéologiquement réouvert le débat du voile à l’école. C’est une faute. Quand on prend une décision comme celle-là, il faut savoir à quoi cela va engager. C’est irresponsable ».

De même, Annie Genevard a fustigé la nomination, par Emmanuel Macron, de l’humoriste Yassine Belattar au Conseil présidentiel des Villes. « C’est une faute. Les déclarations de Yassine Belattar, y compris faites dans l’enceinte de l’Assemblée nationale, à l’occasion d’un colloque sur les banlieues, sont sans nuances. Il a prétendu être plus Français que Manuel Valls. Ce débat en francité est malsain. Il a aussi affirmé que si Barack Obama était né en France, il serait garçon de café, ce qui est une façon de mettre en cause son pays dont il prétend être le meilleur représentant. Surtout, c’est une caricature insupportable. C’est une façon d’attiser les haines, le ressentiment à l’égard de la France », fustige Annie Genevard stupéfaite que « ce personnage a été choisi par le chef de l’État pour apporter sa contribution à la question si sensible des banlieues (…) Quelqu’un qui attise au lieu d’apaiser ne me paraît pas être le bon vecteur politique d’un message qu’il faudrait faire passer. C’est une faute », ajuste la Secrétaire générale des Républicains.

Aux yeux d’Annie Genevard cette nomination « révèle toute l’ambiguïté du président de la République sur cette question du communautarisme » qui est dans le continuum de la déclaration d’Emmanuel Macron selon laquelle, à propos du plan Borloo, « ça n’aurait aucun sens que deux mâles blancs ne vivant pas dans ces quartiers s’échangent un rapport ».

“C’est le pire du pire qu’un président de la République puisse dire », dénonce la députée les Républicains du Doubs. « Ce sont les termes des indigènes de la République. Cette vision communautarisée de la société est insupportable. Est-ce que ça voudrait dire que les banlieues ne sont peuplées et ont vocation à n’être peuplées que de personnes de couleurs dans lesquelles celles qui ne le seraient pas n’auraient rien à dire ni rien à y faire ? Où est la vision d’une République d’un pays unifié ? Cette déclaration est incroyable », réagit Amie Genevard qui déplore qu’Emmanuel Macron n’aborde pas la lutte contre le communautarisme.

« Parce qu’il considère que c’est un sujet difficile et qu’il préfère se tenir à l’écart. Et parce qu’Emmanuel Macron a une conception multicultariste, communautarisée de la société. Ce n’est pas la France. Lorsque le candidat Macron, à Marseille s’adresse aux communautés en saluant leurs origines il nous donne là une indication très précise de la conception qu’il a de la société qui n’est certainement pas celle des Républicains », souligne Annie Genevard.

Interrogée sur la réforme que souhaite réaliser le Gouvernement sur les aides sociales, « cette affaire est mal engagée », constate Annie Genevard eu égard à la cacophonie gouvernementales et aux déclarations contradictoires des ministres Bruno Lemaire, Gérald Darmanin. « Et le séminaire gouvernemental qui vient d’avoir lieu n’a rien résolu », ajuste la députée “les Républicains” du Doubs.”

« Lors de l’élection présidentielle nous avions proposé la simplification d’un maquis dans lequel personne ne comprend rien et qui dysfonctionne », rappelle-t-elle. « Là, sur un sujet essentiel, le Gouvernement s’y est très mal pris en disant qu’il y avait trop d’aides sociales. Cela plonge dans l’inquiétude tous ceux de nos concitoyens qui vivent dans la précarité ».