Monsieur le Premier Ministre,

Vendredi dernier, à Pontet, dans le Vaucluse, des faits graves se sont déroulés. Un groupe de partisans nationalistes, a menacé un kiosquier pour que ce dernier retire l’affiche du journal Le Point mettant en cause le Président turc.

Sous leur pression elle a été retirée puis rétablie le lendemain à la demande du journal. Mais il a fallu placer le point de vente sous surveillance des forces de l’ordre.

Samedi, dans la Drôme, des actions comparables se sont poursuivies. La vidéo d’un homme déchirant les affiches du même journal a été publiée sur les réseaux sociaux.

Il s’agit d’une attaque frontale contre la liberté de la presse pour laquelle notre pays a versé un lourd tribut : celui du sang.

Ces faits sont inacceptables et ils portent un nom: le communautarisme.

On ne peut tolérer que des groupes de pression fassent primer un nationalisme exacerbé et même entretenu de l’extérieur sur les lois de la République française.

Certes le Président Emmanuel Macron s’en est ému. Mais lorsqu’il était candidat, lors d’un discours prononcé à Marseille, n’a t-il pas affirmé que la France était composée de différentes communautés, les saluant une à une ?

L’ambiguïté sur ces questions d’une importance majeure est regrettable. Il faut la dissiper.

Comment lutter contre le communautarisme qui gangrène la cohésion nationale et dont le déplorable événement de vendredi est l’illustration même ?

C’est la raison pour laquelle je souhaiterais connaître, Monsieur le Premier Ministre, les mesures que le Gouvernement entend prendre pour lutter contre ce phénomène de plus en plus prégnant en France ?