Dans le cadre de la journée internationale des droits des femmes qui se déroulera ce jeudi 8 mars, l’Assemblée nationale a décidé de célébrer les droits des femmes toute la semaine. Dans cet esprit, les séances de questions au Gouvernement de ces mardi et mercredi ont été confiées respectivement aux deux vice-présidentes de l’Assemblée nationale. Dont Annie Genevard, députée “les Républicains ” du Doubs. L’occasion pour la vice-présidente de l’Assemblée natioanle et Secrétaire générale des Républicains de donner son sentiment sur la place accordée aux femmes en politique.

LCP : Vous allez présider la séance de questions au Gouvernement de ce mercredi. Que ressentez-vous ?
Les séances de questions au Gouvernement sont les plus médiatisées. Permettre à des vice-présidentes d’assurer cette présidence a un retentissement particulier. C’est la raison pour laquelle j’avais proposé au président de l’Assemblée nationale de réserver, à l’occasion de cette semaine dédiée aux droits des femmes, les deux séances de questions au Gouvernement aux deux vice-présidentes.

LCP : 39% de femmes siègent dans l’hémicycle. Y-a-t-il encore des efforts à faire en matière de parité ?
Tant que nous n’aurons pas atteint la parité absolue vers laquelle nous devons tendre on peut considérer qu’il y a une marge de progression tant dans le quantitatif que dans le qualitatif. Il y a à progresser dans la reconnaissance de la pleine légitimité des femmes en politique. C’est un combat qui n’est pas achevé. Lorsque les femmes prennent la parole elles doivent être écoutées avec le même sérieux que lorsque les hommes prennent la parole. Elles doivent pouvoir s’emparer de sujets qui sont traditionnellement dévolus à des hommes. Il ne faut pas non plus que cela soit un combat qui exclut, qui fustige, qui condamne, qui montre du doigt. Il faut continuer à travailler à cette meilleure reconnaissance des femmes sans esprit de vindicte.

LCP : Le président de la République a décrété l’égalité femme-homme grande cause nationale pour 2018. Les projets du Gouvernement en matière de lutte contre les violences faites aux femmes, d’égalité salariale vont-ils dans le bon sens ?
On jugera aux résultats. Que les femmes soient bien moins rémunérées que les hommes, qu’elles soient davantage victimes de violences sont des constats que nous faisons depuis de très nombreuses années. Mais je pense que c’est une cause qui, globalement, progresse et dont la société prend conscience. Néanmoins j’observe que dans la politique du président de la République il y a un certain nombre de mesures qui ont été prises et qui ne sont pas favorables à la famille. Comme la prime d’accueil du jeune enfant. Cela est préjudiciable aussi aux femmes. Si nous sommes tous d’accord sur le constat, il faudra cependant être vigilant car depuis le temps qu’on réclame, par exemple, la parité de revenu à tâche égale et que celle-ci n’est pas au rendez-vous, cela montre bien que les déclarations ne suffisent pas et qu’il faut véritablement les juger à la lumière des résultats des politiques qui seront conduites. Je pense que cela peut également se faire aussi dans un esprit qui ne soit pas celui qui imprègne trop souvent le débat de l’égalité entre les hommes et les femmes, un climat parfois d’une extrême agressivité. Je ne pense pas que cela soit de nature à faire avancer la cause des femmes.

Retrouvez l’interview réalisée le mardi 7 mars (à partir de la 34ème minute).