Mme Annie Genevard attire l’attention de M. le ministre d’État, ministre de l’intérieur, sur la situation des sapeurs-pompiers volontaires suite à l’arrêt de la Cour de justice de l’Union européenne du 21 février 2018. Cet arrêt précise que l’article 17 de la directive 2003/88 sur l’aménagement du temps de travail doit être respecté par les États membres qui ne peuvent pas déroger, à l’égard de certaines catégories de sapeurs-pompiers recrutés par les services publics d’incendie, aux obligations découlant des dispositions de cette directive, y compris celles définissant les notions de temps de travail et de repos.

La transposition de cette directive en droit français conduirait à plafonner de manière cumulée le travail du salarié et son activité de sapeur-pompier volontaire. Les quelques dérogations permises seraient loin de compenser les forts effets induits en termes de réduction de la disponibilité des sapeurs-pompiers volontaires. Cette situation interroge vivement quant à l’efficacité du modèle de secours français. Il est donc important de maintenir l’exemption du volontariat du champ d’application de la directive européenne et de conserver le modèle français de volontariat déterminé à l’article L. 723-5 du code de la sécurité intérieure : « L’activité de sapeur-pompier volontaire, qui repose sur le volontariat et le bénévolat, n’est pas exercée à titre professionnel mais dans des conditions qui lui sont propres ».

Elle lui demande de bien vouloir lui faire connaître ses intentions ainsi que les démarches qu’il compte engager, auprès des instances européennes sur cet important dossier et qui doivent refléter l’engagement pris par le Président de la République le 6 octobre 2017, dans son discours aux forces mobilisées sur les feux de forêt et ouragans : « Je défendrai farouchement le modèle reposant sur le volontariat des sapeurs-pompiers qui n’est ni du salariat ni du bénévolat ».