Crédit d’impôt transition énergétique : Question écrite

Mme Annie Genevard interroge M. le ministre de l’action et des comptes publics sur l’arrêté qui accompagne l’article 200 quater du code général des impôts (CGI). Cet article prévoit en effet la mise en œuvre des conditions pour que les contribuables français puissent bénéficier du crédit d’impôt sur le revenu au titre des dépenses effectivement supportées pour la contribution à la transition énergétique du logement dont ils sont propriétaires, locataires ou occupants à titre gratuit et qu’ils affectent à leur habitation principale.

Habituellement, cet arrêté paraît en décembre de l’année précédente ou en janvier de l’année concernée. Or, pour l’année 2019, il n’est toujours pas paru. Cela entrave un pan énorme de l’artisanat. En effet, tout le secteur de la rénovation est suspendu aux conditions qui permettront de cadrer les dépenses et de définir les critères de performance énergétique et qui sont contenues dans l’arrêté prévu par l’article 200 quater du CGI. Cela a de graves conséquences sur l’activité économique de ces artisans et met en grande difficulté la vie des TPE et PME de ce secteur.

Aussi elle souhaite connaître les délais dans lesquels sera publié cet arrêté et quelle stratégie le ministère compte mettre en place pour venir en appui de l’artisanat dans le secteur de la rénovation.

Cumul entre allocation chômage et rémunération salariale

Mme Annie Genevard attire l’attention de Mme la ministre des solidarités et de la santé sur le cumul entre allocation chômage et rémunération salariale. Ce dispositif permet à certains demandeurs d’emploi de percevoir une partie de leur allocation d’aide au retour à l’emploi (ARE) parallèlement à la reprise ou la poursuite d’une activité salariée réduite.

Le projet de réforme de l’assurance chômage pourrait réviser les règles en la matière. L’ARE est notamment utilisée par les assistantes maternelles dont la rémunération est fréquemment impactée par la perte d’un contrat (à l’occasion de l’entrée à l’école des enfants ou du déménagement des parents par exemple) alors qu’elles poursuivent leur activité auprès d’autres employeurs.

Si l’indemnité chômage calculée à la suite de la perte d’un ou plusieurs contrats ne peut plus être cumulée avec la ou les activités conservées, les assistantes maternelles, déjà fortement précarisées (taux horaire bas, amplitude horaire de travail importante) seront placées dans une situation très difficile et pourraient choisir de cesser leur activité.

Cette situation engendrerait un préjudice important pour les familles dont les deux parents travaillent et qui sont déjà lourdement touchées par les mesures initiées par les gouvernements successifs depuis quelques années.

Aussi, elle souhaite donc connaître les intentions du Gouvernement en la matière.

Charges pesant sur le fonctionnement de l’activité des SDIS

Illustration Sam COULON, L’Est Républicain

Mme Annie Genevard attire l’attention de Mme la ministre des solidarités et de la santé au sujet des charges de plus en plus lourdes pesant sur le fonctionnement de l’activité des SDIS dans le contexte de croissance du nombre d’interventions et de l’augmentation du prix des carburants.

Ainsi, l’activité opérationnelle du SDIS du Doubs (nombre d’interventions depuis le début de l’année jusqu’à aujourd’hui) a progressé de 9,1 % en 2018 par rapport à 2017, sur la même période. Cette situation s’explique principalement par les phénomènes suivants :

  • la carence de la permanence des soins médicaux, tant en zone rurale qu’urbaine,
  • la planification inadaptée des sorties de patients de la part des centres hospitaliers qui occasionne un engorgement des transporteurs sanitaires privés et leur moindre disponibilité,
  • la réorganisation du secteur hospitalier (regroupement de plateaux techniques, fermeture des services d’accueil des urgences,).

Cela induit une forte augmentation des distances parcourues par les véhicules du SDIS pour tenter de maintenir un service de secours aux personnes de proximité, entraînant un épuisement moral et physique des équipes, et une sur-mobilisation de moyens techniques qui peuvent faire défaut en cas de survenue d’une urgence à traiter. De plus, dans ce contexte, la hausse des prix des carburants constitue un facteur aggravant.

Par ailleurs, le décret d’application prévoyant la gratuité des péages autoroutiers pour les services de secours, notamment pour les véhicules du SDIS, n’a toujours pas été publié alors que cette disposition a été votée dans la loi de finances 2018. Enfin, la mise en place de l’agence numérique de la sécurité civile, qui va organiser les systèmes de gestion des appels et de la chaîne opérationnelle, générera, à terme, un coût supplémentaire, en investissement et en fonctionnement, par rapport au système actuel.

Par conséquent, il paraît cohérent de mettre en exergue les demandes légitimes : la consultation préalable des SDIS, par l’ARS, avant toute nouvelle réorganisation hospitalière susceptible de les impacter, l’aboutissement rapide des négociations nationales actuellement en cours entre l’État, l’assurance maladie et les représentants des transporteurs sanitaires terrestres afin de contenir la mobilisation des moyens des SDIS, l’engagement de discussions entre l’État et la Commission européenne pour modifier le droit communautaire qui, actuellement, ne permet pas d’exonérer les SDIS de la taxe intérieure de la consommation sur les produits énergétiques (TICPE), la publication rapide du décret d’application relatif à la gratuité des péages autoroutiers pour les services de secours.

Parce que l’action, au quotidien, des équipes du SDIS constitue un facteur majeur de cohésion des territoires, de lien social, et d’équité des citoyens en matière d’accès aux secours et aux soins, et dans un contexte de repli du volontariat, il est plus que jamais nécessaire que l’État réponde à ces demandes, alors que les collectivités locales (bloc communal et départements) sont désormais limitées dans leur capacité à soutenir financièrement le fonctionnement des SDIS en application du pacte financier 2018/2020 mis en place par l’État