Bioéthique : un amendement LREM consacre les effets de la GPA !

Un amendement présenté par M. Jean-Louis Touraine, député LREM, rapporteur du projet de loi relatif à la bioéthique et farouche partisan de la légalisation de la gestation pour autrui a été adopté jeudi 3 octobre, dans la soirée.

Les députés Les Républicains qui se battent depuis de longues semaines pour éviter que les discussions en cours n’aboutissent aux pires scénarios tiennent à faire savoir leur consternation et leur détermination à continuer d’œuvrer sans relâche pour la défense de la dignité de la personne humaine et le refus de la marchandisation du corps humain. Ils souhaitent aussi alerter la population des graves dérives qui résulteraient de l’adoption du projet de loi tel que la majorité, aiguillonnée par des groupes d’intérêts efficaces, est en train de le transformer.

Par l’amendement adopté les gestations pour autrui réalisées à l’étranger produiront désormais, de plein droit tous leurs effets en France. Si elle ne légalise pas la GPA – pas maintenant – la majorité LREM vient de consacrer l’odieuse pratique des achats d’enfants à l’étranger par des couples français plus soucieux de la satisfaction de leurs désirs que de la primauté de l’intérêt de l’enfant.

C’est avec beaucoup de gravité que les députés Les Républicains constatent que les craintes de ceux qui voyaient dans la généralisation de la PMA un premier pas vers l’admission de la GPA s’avèrent, malheureusement, fondées.

Apprentissage : Encourageons les employeurs d’apprentis !

Alors que la Députée du Doubs avait alerté au printemps le ministre de l’agriculture quant aux limites de l’aide unique octroyée aux employeurs d’apprentis dans le secteur agricole, celui-ci vient de lui préciser qu’il soutiendra une demande d’élargissement de l’enveloppe nécessaire au financement de l’aide pour les petites entreprises. Rappelons que la Députée avait relayé l’inquiétude des agriculteurs-employeurs et des centres de formations en raison de la suppression des aides pour les apprentis en formation au-delà du niveau baccalauréat et notamment les BTS ou les licences professionnelles. La Députée y voit un signal encourageant pour les nombreuses exploitations familiales qui recrutent un jeune de plus de 18 ans en formation. A noter que les apprentis post-baccalauréat dans le secteur agricole constituent près de 30 % des effectifs d’apprentis de l’enseignement agricole, dont plus de 9 000 apprentis en niveau 5 du BTS agricole.

Rappelons aussi qu’Annie Genevard a récemment interpellé la Ministre du travail sur les conditions de mise en oeuvre de la réforme de l’apprentissage qui désavantage sur certains points les CFA (notamment pour les contrats signés en septembre 2019). Il est, en effet, nécessaire d’encourager la bonne dynamique actuelle de signature de contrats d’apprentissage dans tous les secteurs (bâtiment, industrie, service à la personne…). 

Formation professionnelle et apprentissage : question écrite

Mme Annie Genevard attire l’attention de M. le ministre de l’éducation nationale et de la jeunesse quant aux conséquences de la réforme de l’apprentissage.

La loi « pour la liberté de choisir son avenir professionnel » entrée en vigueur au 1er janvier 2019 a profondément modifié les règles en matière d’apprentissage. Les compétences des régions en la matière se sont vues réduites drastiquement. Les modes de financement des contrats d’apprentissage ont également été modifiés. Dans le domaine agricole, on trouve quelque 34 000 apprentis dont plus de 10 000 dans l’enseignement supérieur.

Par ailleurs, le nombre d’apprentis dans l’enseignement supérieur a progressé de 45 % ces dernières années. Or, depuis le 1er janvier 2019, il n’existe désormais plus qu’une aide unique. Elle s’adresse aux employeurs de moins de 250 salariés ayant conclu un contrat d’apprentissage à compter du 1er janvier 2019, mais ne concerne plus les BTS agricoles, licences pro et plus. Considérant que le salaire d’un apprenti de + de 18 ans s’élève à 700 euros minimum par mois, les exploitations agricoles familiales, de petite taille, comme celles présentes en zone rurale et de montagne, ne pourront pas supporter un tel coût.

Aussi pour assurer une formation de niveau BTS voire niveau IV ou V, indispensable à la reprise d’une structure agricole, Madame la Députée souhaiterait-elle connaître les propositions du gouvernement en la matière.

Programme scolaire des établissements turcs en France

Mme Annie Genevard interroge M. le ministre de l’éducation nationale et de la jeunesse sur les informations rapportées par l’hebdomadaire Le Point relatant la volonté pour le chef d’État turc d’ouvrir des établissements scolaires turcs en France.

Selon un article du Figaro, Recep Tayyip Erdogan a chargé une délégation turque de se rendre en France les 20 et 21 mai 2019, afin d’y observer les lycées internationaux. L’objectif serait ensuite d’exiger la création de lycées turcs sur le territoire français. Ainsi, ces établissements prodigueraient les mêmes programmes que ceux enseignés en Turquie.

Or, dès le mois de février 2012, le président turc avait affirmé vouloir « former une génération pieuse ». Cette déclaration a d’ailleurs été suivie par la création de trois cours optionnels de religion au collège à l’été 2012. En parallèle, les lycées « imam hâtif », destinés à la formation des imams et prédicateurs se sont multipliés en Turquie. En effet, les élèves ayant échoué aux concours d’entrée en lycée public sont désormais inscrits d’office dans ces établissements religieux.

Selon Le Figaro, la Turquie comptait 1 408 lycées de ce type en 2017, accueillant 517 000 élèves. Le ministère de l’éducation nationale turc diffuse depuis juillet 2017 un nouveau programme dans lequel l’enseignement du concept de « djihad » est intégré. L’argument utilisé par le ministre de l’éducation nationale turc, Ismet Yilmaz, pour expliquer cette montée du fait religieux dans l’éducation des élèves turcs était : « le djihad existe dans notre religion et il est du devoir du ministère de l’éducation de veiller à ce que ce concept soit enseigné de façon juste et appropriée ».

Il semble ainsi logique de penser qu’un établissement turc en France enseignera également le « djihad ». Or le terrorisme islamiste est l’une des menaces principales à l’intégrité du pays et à la sécurité des Français. Depuis 2012, les attentats terroristes ont fait 252 victimes. Plus que jamais, la lutte contre le djihadisme et le communautarisme est dans l’intérêt général de la Nation.

Le ministre de l’éducation nationale et de la jeunesse français a fait de la laïcité l’un de ses combats principaux et ne cesse d’afficher sa volonté de lutter contre le communautarisme à l’école.

Elle souhaiterait donc connaître les mesures qui seront prises en pour empêcher l’ouverture en France d’établissements diffusant de tels programmes.

« Refus incompréhensible de la majorité de créer une mission d’information sur les actes anti-chrétiens »

Saisis par le Président Ferrand de la proposition d’Annie Genevard et de Philippe Gosselin (LR) de créer une mission d’information sur la multiplication des actes anti-chrétiens dans notre pays, les présidents de la commission des Lois, Yaël Braun-Pivet (LREM), et de la commission des Affaires culturelles, Bruno Studer (LREM), viennent d’opposer une fin de non-recevoir à la mise en place d’une telle démarche.

Annie Genevard juge inacceptables les raisons officielles données à ce refus, motivé notamment par un manque d’administrateurs disponibles ! Un simple courrier de demande d’informations au ministre de l’intérieur est proposé en lieu et place. Comment ne pas voir là des prétextes dilatoires pour refuser d’ouvrir les yeux sur un phénomène inquiétant dans notre pays.

La vice-présidente de l’Assemblée nationale souligne qu’il faut « cesser de détourner le regard sur la multiplication des atteintes à notre histoire, notre culture, notre identité et notre patrimoine ».

Par conséquent, avec Philippe Gosselin, Valérie Boyer, Julien Aubert et avec le soutien de députés du groupe les Républicains, elle demande à la présidente de la commission des Lois et au président de la commission des Affaires culturelles de revenir sur leur décision. »

Refuser de procéder à une évaluation précise de ces actes qui sont malheureusement en progression, afin d’établir des propositions pour les combattre, constitue un déni de réalité et un renoncement à faire face à des sujets majeurs !

Parent 1 – Parent 2 : question écrite au ministre

Mme Annie Genevard attire l’attention de M. le ministre de l’éducation nationale et de la jeunesse sur l’utilisation d’expressions neutres dans certains formulaires de l’éducation nationale.

À la suite de l’adoption à l’assemblée nationale d’un amendement tendant à faire figurer, à l’alinéa 1er de l’article L. 111-4 du code de l’éducation, les mentions « parent 1 » et « parent 2 », M. le ministre a déclaré à la presse que la poursuite du débat parlementaire permettrait de revenir sur cette disposition.

Au regard de l’argumentation développée par les députés de la majorité, estimant qu’il s’agissait de rompre avec un modèle familial « arriéré », cette affirmation de M. le ministre est rassurante. Cependant, il semble que certains documents officiels adressés par les chefs d’établissement comportent, en dehors de toute prévision légale, ce type de mention.

Ainsi, la « fiche de dialogue pour l’orientation à l’issue de la classe de seconde» établie dans l’académie de Rouen par le lycée Georges Dumézil (Vernon), comporte les mentions « Représentant légal 1 » et « Représentant légal 2 ». Aussi, elle souhaiterait savoir si ces documents ont été établis sur recommandation du ministère ou s’il s’agit d’une initiative personnelle et isolée.

Le cas échéant, elle aimerait savoir quelles mesures il envisage de prendre pour rétablir les mentions traduisant les catégories sexuées de père et de mère dans les documents à destination des parents d’élèves.

Grand Débat “démocratie et citoyenneté” mon intervention en séance publique

Dans le cadre du grand débat national le Président de la République a souhaité interroger les Français sur nos institutions et en particulier sur les changements qu’il souhaite opérer dans notre système politique qu’il juge « trop peu efficace, trop peu représentatif, trop peu responsable. » Réduire la crise économique et sociale à des réponses principalement institutionnelles, dénuées de sens pour le quotidien de nos concitoyens, démontre l’incompréhension des enjeux par le Président de la République

Ainsi, sont évoqués la diminution du nombre de parlementaires, le recours à la proportionnelle et la limitation du nombre de mandats dans la durée. Avec les Républicains, nous pensons surtout qu’il s’agit de détourner l’attention des sujets importants en n’assumant pas les conséquences d’une politique redoutable: une fiscalité trop lourde, des classes moyennes qui ont du mal à boucler leur fin de mois, des retraités victimes des taxes, un pouvoir d’achat en berne, une France qui s’inquiète pour son avenir…

Une des solutions à la crise que nous vivons aujourd’hui serait de réduire le nombre de parlementaires d’un tiers ? Je ne crois pas. Ces derniers passeraient de 925 à 648. Couplé à l’introduction d’une dose de proportionnelle, 242 circonscriptions seraient supprimées, soit presque la moitié de celles existantes actuellement. Chaque député verrait la superficie de sa circonscription gonfler de 80%.

Vous préférez les intérêts des partis à ceux du pays en faisant le choix de la proportionnelle. Pourtant, elle est pratiquement toujours source d’instabilité ou pire de paralysie.

La réforme proposée réduirait considérablement la représentation des Français. Ce sont les circonscriptions rurales, les circonscriptions où est née l’inquiétude, où la colère a grondé la première dans le mouvement des gilets jaunes qui seront les premières affectées par les réponses institutionnelles envisagées. Comment faire face à une déconnexion inévitable des parlementaires supposés couvrir des territoires toujours plus grands, au prix de la proximité avec les Français ? Souvenons-nous de cette phrase d’Alexis de Tocqueville, dans « De la démocratie en Amérique » : « C’est donc en chargeant les citoyens de l’administration des petites affaires, bien plus qu’en leur livrant le gouvernement des grandes, qu’on les intéresse au bien public et qu’on leur fait voir le besoin qu’ils ont sans cesse les uns des autres pour le produire ».

C’est donc bien grâce à l’ancrage et la compréhension des enjeux d’un territoire que nous avons aussi la connaissance nécessaire pour défendre l’intérêt général. Et on voudrait nous priver de ce lien ? 
L’antiparlementarisme toujours latent en France, excité par des textes ou des déclarations en début de cette mandature n’a rien de bon car il remet en cause la démocratie et son bon fonctionnement.

De même les débats qui sont l’essence même de la vie parlementaire sont-ils jugés par la majorité actuelle trop peu fluides alors même que le délai moyen d’adoption d’une loi en France est parmi les plus courts en Europe. Soyons honnêtes. Ce n’est pas le fonctionnement des institutions qui a mis la France dans la rue.  

Pour compléter cet affaiblissement du Parlement, Emmanuel Macron place au cœur du grand débat la limitation du cumul des mandats dans le temps. Cette mesure encourt le risque d’inconstitutionnalité en portant atteinte à la liberté de choix du citoyen de réélire un élu apprécié. Il s’agit d’un droit fondamental dans toute démocratie.

On pourrait aussi égrener la liste des parlementaires qui ont rendu d’éminents services à notre pays alors qu’ils avaient dépassé la limite qu’on voudrait leur fixer: c’est le cas de Clemenceau, de Pierre Mendès-France, de Michel Debré ou d’Edgar Faure mon illustre prédécesseur dans ma circonscription du Doubs.

En réalité cette crise n’est pas institutionnelle. Ce n’est pas le sujet.  Le président fait dévier le débat en rejetant la faute sur les parlementaires plutôt que d’assumer ses prises de positions, celles-là même qui ont exacerbé les tensions. Il gagne du temps avec un grand débat qui n’a plus le sens initial, et qui n’aurait pour finalité que la question : pour ou contre les institutions. Est-ce vraiment cela qui résoudra la crise ? Est-ce vraiment cela que vous souhaitez pour l’intérêt général ?  

Développement des sociétés publiques locales : question écrite

Mme Annie Genevard attire l’attention de Mme la ministre de la cohésion des territoires et des relations avec les collectivités territoriales sur les conséquences importantes engendrées par l’arrêt du Conseil d’État du 24 novembre 2018 qui semble marquer un coup d’arrêt au développement des sociétés publiques locales (SPL) en précisant que « la participation d’une collectivité territoriale ou d’un groupement de collectivités territoriales à une société publique locale (SPL), qui lui confère un siège au conseil d’administration ou au conseil de surveillance et a nécessairement pour effet de lui ouvrir droit à participer au vote des décisions prises par ces organes, est exclue lorsque cette collectivité territoriale ou ce groupement de collectivités territoriales n’exerce pas l’ensemble des compétences sur lesquelles porte l’objet social de la société ».

Cet arrêt conduit à considérer que chaque SPL devrait avoir un objet social restreint et en parfaite adéquation avec une seule catégorie de collectivités locales aux compétences identiques, et dès lors fragmenter les outils et supprimer la mutualisation de moyens nécessaire à leur équilibre financier ainsi qu’à leur capacité à se doter des ressources nécessaires à leur efficience. Cette situation est beaucoup trop paralysante pour les collectivités.

Aussi, convient-il de légiférer sur le sujet afin de réaffirmer les possibilités de collaboration entre les collectivités de différentes natures et les SPL sans mise en concurrence préalable et de sécuriser les contrats.

Cela pourrait se traduire par l’adoption d’une loi qui disposerait qu’une collectivité ou un groupement puisse participer au capital social d’une SPL lorsqu’il est compétent pour une partie des missions relevant de l’objet social de la société.

Elle lui demande quelle est la position du Gouvernement sur ce sujet.

Pour être alerté de la réponse :
http://questions.assemblee-nationale.fr/q15/15-18061QE.htm